Pour préparer sa maison avant la saison cyclonique, il faut d’abord savoir quand elle commence. À Mayotte, elle s’étend du 15 novembre au 30 avril [1]. Météo-France décrit les cyclones qui touchent directement l’île comme des événements « rares mais pas improbables » [1], et ils laissent peu de temps : le passage en alerte rouge est annoncé avec un préavis de 3 heures [4].
Les travaux se programment donc pendant la saison sèche. Une fois l’alerte orange déclenchée, il reste quelques heures pour rentrer les objets et protéger les ouvertures [3], pas pour refaire une toiture. En alerte rouge, plus personne ne sort, artisans compris [4].
Ce guide suit l’ordre des priorités : d’abord ce que le vent peut arracher, puis ce qu’il peut projeter, ensuite ce qui vous permettra de tenir quelques jours si l’eau, l’électricité et les routes sont coupées.
Quand préparer sa maison avant la saison cyclonique ?
Pour préparer sa maison avant la saison cyclonique, il faut d’abord savoir quand elle commence. À Mayotte, elle s’étend du 15 novembre au 30 avril [1]. Météo-France décrit les cyclones qui touchent directement l’île comme des événements « rares mais pas improbables » [1], et ils laissent peu de temps : le passage en alerte rouge est annoncé avec un préavis de 3 heures [4].
Les travaux se programment donc pendant la saison sèche. Une fois l’alerte orange déclenchée, il reste quelques heures pour rentrer les objets et protéger les ouvertures [3], pas pour refaire une toiture. En alerte rouge, plus personne ne sort, artisans compris [4].
Ce guide suit l’ordre des priorités : d’abord ce que le vent peut arracher, puis ce qu’il peut projeter, ensuite ce qui vous permettra de tenir quelques jours si l’eau, l’électricité et les routes sont coupées.
La toiture et ses fixations, en premier
Une toiture en tôle cède rarement d’un bloc. Le vent s’engouffre sous une tôle mal tenue, la soulève, puis arrache les suivantes. Ce qui compte, ce sont les points de fixation : les vis ou crochets qui tiennent chaque tôle, le faîtage, les rives et les bords qui dépassent. [9]
Avec l’air salin, les fixations rouillent vite. Une vis rongée ne tient plus la tôle, même quand la tôle paraît saine. Faites contrôler la toiture par un couvreur avant la saison, en particulier si elle a plusieurs années ou si elle a déjà subi un coup de vent. [9]
Vérifiez aussi que les gouttières et les descentes d’eau sont dégagées. Pendant les fortes pluies, une évacuation bouchée renvoie l’eau sous la toiture ou contre les murs.
Portes, fenêtres et volets : préparer la protection à l’avance
En alerte orange, Météo-France demande de protéger portes et fenêtres avec des volets ou des planches [3]. Ce travail se prépare des semaines avant : une planche se découpe et se perce au calme, pas sous la pluie.
Contrôlez que chaque volet ferme et se verrouille, que ses gonds tiennent et qu’aucune vitre n’est déjà fendue. Pour les ouvertures sans volet, préparez des panneaux à la bonne dimension, repérés fenêtre par fenêtre, avec leurs fixations rangées au même endroit. Si une porte ou une fenêtre ferme mal, c’est le moment de faire intervenir un menuisier pour reprendre la menuiserie.
Autour de la maison : ce que le vent peut projeter
Tout ce qui reste dehors peut devenir un projectile : chaises, bidons, tôles stockées dans la cour, pots, antennes mal fixées. En alerte orange, la consigne est de rentrer tout ce que le vent peut emporter, ainsi que les animaux [3]. Faites dès maintenant le tri de ce qui traîne : moins il y aura à rentrer, plus ce sera rapide.
Les branches qui surplombent la toiture sont à faire tailler avant la saison. Dégagez aussi les caniveaux, les grilles et les rigoles autour de la maison : après le passage d’un cyclone, les dangers continuent, avec des ravines en crue, des coulées de boue et des radiers submergés [4].
Électricité : les signaux à repérer avant la saison
Faites le tour de l’installation avec un œil simple : un tableau électrique placé là où l’eau peut couler, des prises extérieures sans capot, des câbles qui passent sous des tôles ou par une fenêtre, des rallonges installées à demeure. Ce sont les points que l’eau et le vent atteignent en premier. S’il y en a, faites-les reprendre par un électricien avant la saison : ce n’est pas un travail à faire soi-même.
Si vous prévoyez un groupe électrogène, décidez dès maintenant où il fonctionnera. Jamais à l’intérieur, ni dans une véranda, un garage ou une cave, ni devant une bouche d’aération, à cause du monoxyde de carbone [6]. Son raccordement à l’installation de la maison se confie à un électricien.
Les réserves et le kit d’urgence pour 72 heures
Après un cyclone, l’eau, l’électricité, le téléphone et les routes peuvent manquer plusieurs jours. Les pouvoirs publics recommandent un kit qui permet de tenir les 72 premières heures [5].
Prévoyez 6 litres d’eau en bouteilles par personne, de la nourriture qui se conserve et se mange sans cuisson, une radio et une lampe à piles avec des piles de rechange, une trousse de premiers secours, vos médicaments, un chargeur de téléphone, de l’argent liquide et le double des clés. Rangez les copies de vos papiers importants dans une pochette étanche [5].
Dès la pré-alerte, Météo-France demande de vérifier ces réserves, de connaître l’adresse du centre d’hébergement le plus proche et de noter les numéros utiles : Samu 15, pompiers 18, police et gendarmerie 17 [2].
Que signifient les alertes cycloniques à Mayotte ?
Les niveaux d’alerte se suivent dans cet ordre. Chacun appelle des gestes précis, et c’est pendant la pré-alerte qu’il reste le plus de temps.
- Pré-alerte (jaune) : une menace est possible dans les jours à venir, au-delà de 24 heures. On s’informe et on vérifie ses réserves [2].
- Alerte orange : les écoles et les crèches ferment, l’activité économique continue. On rentre les objets et les animaux, on protège les ouvertures et on prépare une évacuation éventuelle [3].
- Alerte rouge : le danger est imminent. Elle est annoncée 3 heures à l’avance pour rejoindre son domicile ou un abri ; ensuite, on ne sort en aucun cas [4].
- Alerte violette : un cyclone aux vents de plus de 150 km/h frappe l’île. Confinement total ; elle est suivie d’une phase rouge le temps de reconnaître les routes [4].
- Phase de sauvegarde : la menace s’éloigne mais les dangers restent : radiers submergés, fils électriques à terre, eau du robinet à surveiller [4].
En cas de doute sur le niveau en cours, ce sont les annonces de la préfecture et de Météo-France qui font foi.
Votre assurance couvre-t-elle les dégâts d’un cyclone ?
Tout dépend de la force du vent. Les vents violents ordinaires relèvent de la garantie tempête de votre contrat habitation. Les vents cycloniques les plus forts, à partir de 145 km/h en moyenne sur dix minutes ou de 215 km/h en rafales, relèvent de la garantie catastrophe naturelle [8].
Dans les deux cas, il faut être assuré pour le bien endommagé. Pour la catastrophe naturelle, il faut en plus un arrêté interministériel qui reconnaît l’état de catastrophe naturelle de votre commune, publié au Journal officiel. Vous avez alors 30 jours après sa publication pour déclarer le sinistre à votre assureur, et la franchise est de 380 € pour une habitation [7]. Sans assurance, le fonds de secours pour l’outre-mer peut intervenir ; la mairie oriente les démarches [7].
Avant la saison, relisez votre contrat, notez son numéro et les coordonnées de l’assureur, et prenez en photo vos pièces et vos équipements de valeur : ces photos faciliteront la déclaration.
Locataire ou propriétaire : qui fait quoi avant la saison ?
À Mayotte, les règles des baux d’habitation de la loi du 6 juillet 1989 s’appliquent depuis 2012 [10]. Elles répartissent la préparation de la maison entre le locataire et le propriétaire.
Le locataire prend en charge l’entretien courant et les menues réparations. La liste nationale des réparations locatives y range notamment le dégorgement des gouttières et des descentes d’eau, la taille et l’élagage des arbres du jardin dont il a l’usage, le graissage des gonds et des volets, et le remplacement des vitres détériorées [11].
Les grosses réparations et tout ce qui tient à la vétusté restent à la charge du propriétaire, tout comme les dégradations dues à un cas de force majeure, comme une tempête [12]. Une toiture fragile ou des fixations rouillées ne sont donc pas une réparation locative. Si vous êtes locataire, signalez-les au propriétaire par écrit avant la saison, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, et gardez une copie [13].
Côté assurance, le locataire doit être assuré : il remet l’attestation au bailleur à la remise des clés, puis chaque année sur demande. Le propriétaire qui n’habite pas le logement n’y est pas obligé, sauf en copropriété [14]. Comme la garantie catastrophe naturelle ne couvre que les biens assurés [7], chacun déclare les dégâts à son propre assureur, pour ce qu’il a lui-même assuré.
Questions fréquentes
Combien de bidons et de packs d'eau stocker sans tomber dans la panique ?
Le kit d'urgence recommandé par les pouvoirs publics est prévu pour 72 heures, avec 6 litres d'eau en bouteilles par personne. Pour un foyer de cinq personnes, cela fait 30 litres, soit quatre packs de six bouteilles de 1,5 litre. Gardez cette eau de boisson à part des bidons qui servent déjà pendant les coupures.
Est-ce que l'eau du robinet sera consommable après le passage d'une dépression ?
Pas forcément. Après le passage d'un cyclone, Météo-France demande de faire attention à la qualité de l'eau et de préférer l'eau en bouteille, ou de traiter l'eau du robinet si vous devez la boire. Attendez les annonces officielles avant de la boire à nouveau sans précaution.
Mon toit va-t-il tenir ?
Personne ne peut le garantir à l'avance. Une toiture en tôle tient d'abord par ses fixations : faites-la contrôler par un couvreur avant la saison, surtout si les vis sont rouillées. Si vous doutez de la solidité de votre maison, prévoyez de rejoindre le centre d'hébergement le plus proche pendant le préavis de 3 heures qui précède l'alerte rouge.
Si ma maison est menacée, où vais-je réellement dormir ?
Dans le centre d'hébergement le plus proche de chez vous. Météo-France demande d'en connaître l'adresse et le téléphone dès la pré-alerte, et de les vérifier en alerte orange ; votre mairie peut vous l'indiquer. Rejoignez-le avant l'alerte rouge, pendant le préavis de 3 heures, avec votre kit d'urgence : ensuite, plus personne ne sort.
Les radiers et routes côtières seront-ils franchissables ?
Pas pendant l'alerte : personne ne circule. Après le passage, en phase de sauvegarde, Météo-France demande de ne pas franchir les radiers submergés ni les ravines en crue, et de ne prendre son véhicule que si la circulation est autorisée. Après une alerte violette, une phase rouge sert justement à reconnaître l'état des routes.
Combien de temps le réseau mobile et internet tiendront-ils ?
Personne ne peut le prévoir. Prévoyez une radio à piles avec des piles de rechange : c'est elle qui permet de suivre les annonces quand le téléphone ne passe plus. Pendant l'alerte, ne téléphonez qu'en cas d'absolue nécessité, pour ne pas encombrer le réseau, et gardez un chargeur dans votre kit.
Comment aider les voisins les plus vulnérables ?
Avant la saison, repérez les personnes âgées, malades ou isolées autour de vous, et aidez-les à préparer leur kit et à rentrer ce qui traîne dehors. Selon Météo-France, une personne insuffisante rénale ou respiratoire doit se rapprocher de son établissement de santé dès la pré-alerte. Pendant l'alerte, ne sortez pas pour aller les voir : c'est avant qu'il faut s'organiser.
Pour décider
Les établissements référencés à Mayotte pour ce besoin, avec leurs zones d'intervention et leur statut de vérification.
Sources
- [1] Mayotte Hebdo - « Les épisodes cycloniques à Mayotte, des événements rares mais pas improbables » (27/11/2020), propos du préfet et du directeur de Météo-France pour l'océan Indien
- [2] Météo-France - Vigilance Mayotte : conseils en cas de pré-alerte cyclonique
- [3] Météo-France - Vigilance Mayotte : conseils en cas d'alerte orange cyclonique
- [4] Météo-France - Vigilance Mayotte : alertes rouge et violette, phase de sauvegarde
- [5] info.gouv.fr - Se préparer à une situation d'urgence (kit d'urgence)
- [6] Santé.fr - En hiver et face aux intempéries, attention au monoxyde de carbone
- [7] Service-public.fr - Catastrophe naturelle : quelle indemnisation ? (F3076)
- [8] Assemblée nationale - Question écrite n° 800 et réponse du ministère de l'Intérieur et des Outre-mer (JO du 6/12/2022)
- [9] Constat de terrain de la rédaction : toitures, délais des artisans, stockage de l'eau (confirmé le 14/10/2026)
- [10] Sénat - Question écrite n° 21560 et réponse du ministère du Logement (JO Sénat du 16/03/2017) : application de la loi du 6 juillet 1989 à Mayotte
- [11] Préfecture des Deux-Sèvres - Fiche pratique n° 3, droits et devoirs des locataires et propriétaires (liste du décret n° 87-712 du 26 août 1987)
- [12] Justice.fr - Qui est responsable des dégradations dans un logement en cours de location ?
- [13] Service-public.fr - Logement décent : obligations du propriétaire et recours du locataire (F31301)
- [14] INC - L'assurance habitation est-elle obligatoire ? (22/01/2025)
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